Avast lance un VPN gratuit et illimité : où est le piège ?

Avast lance un VPN gratuit, illimité et sans publicité : où est le piège ?

Un VPN gratuit, sans publicité, sans limite de données et utilisable sur autant d’appareils que vous le souhaitez : Avast vient de lancer une offre qui a de quoi attirer l’attention. Mais derrière cette gratuité presque trop belle pour être vraie, faut-il se méfier ?

Les services gratuits sur Internet cachent souvent une contrepartie. Alors, lorsqu’un acteur majeur de la cybersécurité comme Avast annonce un VPN gratuit et illimité, il est légitime de se poser quelques questions.

Est-ce une véritable bonne affaire ou une opération commerciale dont il faut comprendre les dessous ?

Nous avons examiné l’offre et les éléments qui méritent votre attention.

Avast VPN : une offre gratuite plutôt généreuse

Avast lance en France, le 4 novembre 2026, une nouvelle version gratuite de son VPN.

Et contrairement à de nombreuses offres concurrentes, les restrictions annoncées sont relativement limitées.

Voici ce que propose Avast :

  • Aucun plafond de consommation de données.

  • Aucune publicité dans l’application.

  • Une utilisation sur un nombre illimité d’appareils.

  • Une compatibilité avec Windows, Mac, iOS et Android.

  • Aucun moyen de paiement demandé à l’inscription.

  • Un tunnel de connexion chiffré utilisant le protocole WireGuard.

L’application intègre également un Kill Switch, qui coupe la connexion Internet si le VPN se déconnecte accidentellement, ainsi qu’une protection contre les fuites DNS.

Sur le papier, Avast propose donc un véritable service VPN, et pas simplement une version d’essai limitée dans le temps.

Mais il y a tout de même quelques différences avec la version payante.

Premier compromis : un choix de serveurs limité

C’est ici que l’on trouve la principale restriction commerciale.

Les utilisateurs gratuits peuvent choisir parmi trois emplacements de serveurs seulement, alors que le réseau complet d’Avast couvre 40 pays.

La version Premium va beaucoup plus loin avec 103 pays et plus de 140 emplacements.

Pourquoi est-ce important ?

Le choix du serveur peut avoir un intérêt lorsqu’on souhaite accéder à des contenus disponibles dans d’autres pays, améliorer sa connexion ou simplement disposer de davantage de possibilités géographiques.

La version gratuite conviendra donc davantage à une utilisation classique : sécuriser sa connexion sur un Wi-Fi public ou masquer son adresse IP.

Pour ceux qui recherchent davantage de possibilités, Avast propose son abonnement payant :

  • 11,99 € par mois.

  • 99,99 € par an.

C’est le principe du modèle freemium : une version gratuite pour attirer les utilisateurs, et une version Premium pour ceux qui souhaitent davantage de fonctionnalités.

Rien de particulièrement surprenant jusque-là.

Deuxième point : les performances sont-elles au rendez-vous ?

Un VPN peut être parfaitement gratuit et sécurisé, mais perdre beaucoup de son intérêt si la connexion devient trop lente.

Lors d’un premier test comparatif publié par Frandroid, Avast VPN a été confronté à Proton VPN dans des conditions similaires.

Les résultats obtenus étaient les suivants :

Mesure

Avast VPN

Proton VPN

Ping

146 ms

94 ms

Débit descendant

69,3 Mb/s

90,8 Mb/s

Débit montant

41,7 Mb/s

85,1 Mb/s

Dans ce test ponctuel, Proton VPN fait mieux sur les trois mesures.

Attention toutefois : il s’agit d’un essai réalisé dans des conditions précises, et non d’un comparatif exhaustif des performances des deux services.

Cela donne néanmoins une première indication sur les performances de la nouvelle offre d’Avast.

Troisième point, et probablement le plus important : peut-on faire confiance à Avast ?

C’est ici que l’histoire devient plus intéressante.

Avast n’est pas un nouvel acteur de la cybersécurité. L’entreprise possède une longue expérience dans le domaine des antivirus et de la protection informatique.

Mais elle traîne également un passé qui mérite d’être rappelé.

Entre 2014 et 2020, sa filiale Jumpshot a commercialisé des données de navigation collectées notamment par l’intermédiaire de l’antivirus Avast et de ses extensions de navigateur.

Plus de 100 entreprises auraient ainsi eu accès à ces informations, selon les éléments présentés par la Federal Trade Commission (FTC), l’autorité américaine de protection des consommateurs.

En 2024, Avast a accepté de payer 16,5 millions de dollars dans le cadre d’un règlement avec la FTC. L’entreprise s’est également vu interdire la vente de données de navigation à des fins publicitaires.

Il faut toutefois être précis : cette affaire ne concernait pas le VPN dont nous parlons aujourd’hui. Elle concernait les pratiques de collecte de données liées à d’autres produits Avast, notamment son antivirus et ses extensions.

Alors, faut-il pour autant condamner cette nouvelle offre ?

Pas nécessairement.

Avast affirme avoir adopté pour son nouveau VPN une politique dite « no-logs ». Concrètement, cela signifie que l’entreprise s’engage à ne pas conserver de traces de l’activité de navigation de ses utilisateurs.

Mais une promesse reste une promesse tant qu’elle n’a pas été vérifiée indépendamment.

Un audit indépendant est annoncé : une bonne nouvelle ?

Pour rassurer les utilisateurs, Avast annonce un audit indépendant de sa politique de confidentialité, réalisé par le cabinet VerSprite.

Cet audit doit être renouvelé chaque année.

Le premier rapport est attendu au cours du mois de novembre 2026.

C’est un élément positif, car la vérification indépendante constitue un moyen bien plus intéressant de contrôler les engagements d’un fournisseur VPN que de simplement croire ses déclarations commerciales.

Mais au moment du lancement, le premier rapport n’est pas encore disponible.

Autrement dit, la politique no-logs annoncée par Avast reste à confirmer par cet audit.

C’est probablement le principal élément à surveiller dans les prochaines semaines.

Alors, où est le piège ?

Finalement, il n’y a pas nécessairement de piège caché derrière cette offre.

Avast adopte une stratégie commerciale assez classique : proposer gratuitement un service fonctionnel, puis réserver certaines possibilités supplémentaires à ses abonnés Premium.

La gratuité est financée par la perspective de convertir une partie des utilisateurs en clients payants.

Les véritables compromis sont donc ailleurs :

  • Trois emplacements de serveurs seulement dans la version gratuite.

  • Des performances qui méritent d’être comparées à celles des concurrents.

  • Un historique de confidentialité qui impose une certaine prudence.

  • Une politique no-logs qui attend encore sa première validation indépendante.

Notre avis : faut-il utiliser Avast VPN gratuitement ?

L’offre d’Avast est intéressante. Elle répond à une vraie demande : disposer d’un VPN utilisable au quotidien sans devoir payer un abonnement.

Pour une utilisation occasionnelle, notamment sur les réseaux Wi-Fi publics, elle mérite clairement d’être considérée.

En revanche, si votre priorité absolue est la confidentialité, nous vous conseillons de ne pas vous précipiter.

Proton VPN constitue notamment une alternative à examiner. Son offre gratuite est également intéressante pour ceux qui souhaitent privilégier la confidentialité.

Notre recommandation : Avast VPN mérite un essai, mais nous attendrions la publication de son premier audit indépendant avant de lui confier aveuglément l’ensemble de notre navigation.

La vraie question n’est donc pas de savoir pourquoi Avast propose un VPN gratuit, mais de savoir si ses engagements en matière de confidentialité seront réellement tenus.

Découvrir les services

Sources et informations complémentaires

  • Frandroid : article consacré au lancement d’Avast VPN, publié le 4 novembre 2026.

  • Federal Trade Commission : décision et communiqué concernant les pratiques de collecte et de commercialisation des données d’Avast, février 2024.

Les tarifs, fonctionnalités et conditions des offres peuvent évoluer. Vérifiez les informations officielles avant toute souscription.

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